Le jersey roule parce que ses mailles endroit et envers exercent des tensions différentes. Ce mouvement est normal, surtout sur un ouvrage tricoté à plat. Pour l’éviter, prévoyez dès le montage une bordure assez large en point mousse, côtes ou point de riz, puis bloquez l’ouvrage sans attendre un résultat définitif du blocage seul.
En bref
- Une bordure qui roule ne signale pas forcément une erreur de tricot : le jersey endroit se replie naturellement.
- Trois mailles de lisière ne suffisent généralement pas à contenir un grand panneau en jersey.
- Les côtes, le point mousse et le point de riz équilibrent les tensions et donnent des bords plus plats.
- Le blocage améliore l’aspect d’un ouvrage terminé, mais ne transforme pas durablement un jersey classique en tissu parfaitement plat.
- Une finition ajoutée après coup reste possible en relevant les mailles ou en posant une bande de maintien.
Ces explications concernent le jersey tricoté à la main, à plat ou en rond, avec des fils de laine, coton ou mélanges courants. Elles ne détaillent pas la couture industrielle du tissu extensible, ni le crochet, dont la structure demande d’autres techniques couture.
Pourquoi une bordure en jersey roule-t-elle sur les bords ?
Le point jersey possède une face endroit et une face envers qui ne réagissent pas de la même façon. À l’endroit, les petites boucles de fil tirent le tricot dans le sens de la largeur. Sur la face envers, les barres horizontales ont tendance à resserrer le tissu dans le sens de la hauteur. Quand rien ne vient contrarier ces forces, le bord se replie.
Le bas d’un ouvrage en jersey se roule le plus souvent vers l’endroit. Les lisières latérales se recourbent plutôt vers l’envers. Ce n’est donc ni une faute de montage, ni un défaut de pelote. Le phénomène vient de la construction même des mailles et apparaît sur un échantillon dès qu’il atteint une largeur suffisante.
Le jersey endroit se tricote avec un rang endroit, puis un rang envers lorsque l’ouvrage est travaillé à plat. En circulaire, tous les rangs sont tricotés à l’endroit. Cette simplicité explique son succès pour les pulls, gilets et manches, mais elle explique aussi son effet roulé. La différence entre les deux faces n’est pas compensée.
Une lisière étroite ne retient pas la force du panneau central
Deux ou trois mailles au point mousse sur les côtés donnent une lisière plus propre, mais elles ne suffisent pas toujours à empêcher le jersey de se courber. Sur une écharpe large, un devant de gilet ou un panneau de couverture, le centre en jersey exerce une traction continue sur cette fine bande. Le bord finit par suivre le mouvement général.
Une bordure de six à dix mailles offre davantage de résistance qu’un simple liseré. La largeur utile dépend du fil, de la taille des aiguilles et de la largeur totale de la pièce. Un fil souple, tricoté avec des aiguilles trop grosses, produit un tissu plus mobile et accentue souvent la bordure roulée.
Le choix du point compte autant que le nombre de mailles. Une bordure en jersey ne stabilise rien, puisqu’elle reproduit le problème. Une bordure en point mousse, en côtes ou en point de riz introduit une alternance entre mailles endroit et envers. Le tissu devient moins asymétrique et reste plus facilement à plat.
La différence entre les deux structures est détaillée dans ce guide sur le point mousse et le jersey. Le point mousse reste plat parce que chaque face présente la même succession de reliefs. C’est le choix le plus simple pour une bordure de bas de pull ou pour une écharpe dont les deux faces restent visibles.
Le fil et la tension modifient l’ampleur du roulis
Une laine mérinos très souple, une viscose ou un fil contenant beaucoup de drapé laisse le jersey bouger librement. Une laine plus nerveuse, un coton assez ferme ou un mélange avec une bonne mémoire de forme peut réduire visuellement le problème. Le roulis ne disparaît pas pour autant. Il devient seulement moins spectaculaire.
Les aiguilles interviennent aussi. Un jersey tricoté très lâche avec une aiguille de gros diamètre forme une maille ouverte, légère et mobile. Un tricot très serré peut également s’enrouler, mais le rouleau devient plus ferme. Changer d’aiguilles sans échantillon ne règle pas systématiquement la situation.
Une bordure qui roule doit donc être regardée comme un effet mécanique. Le bon remède consiste à modifier la structure du bord avant de chercher à contraindre le tricot une fois terminé.

Quelle bordure choisir pour éviter une bordure roulée ?
Le point mousse est la solution la plus régulière pour les débutants. Il se travaille en tricotant toutes les mailles à l’endroit, rang après rang. Les reliefs se répartissent de façon identique sur les deux faces et le bord reste plat. Pour une bordure basse, prévoyez une hauteur suffisante avant de passer au jersey.
Les côtes conviennent mieux lorsque la bordure doit rester extensible. Elles sont adaptées aux bas de pulls, poignets et encolures, car elles reprennent leur place après étirement. Une côte 1/1 alterne une maille endroit et une maille envers. Une côte 2/2 alterne deux mailles endroit et deux mailles envers, avec un relief plus marqué.
Le point de riz donne une surface texturée et stable. Il demande davantage d’attention, car il faut alterner les mailles et inverser l’ordre au rang suivant. Il convient aux bordures visibles d’écharpes, de plaids ou de vestes, là où un petit relief apporte une finition nette sans serrer comme une côte.
| Type de bordure | Usage adapté | Comportement du tissu | Limite à prévoir |
|---|---|---|---|
| Point mousse | Écharpe, bas de pull, lisière de gilet | Reste plat et peu extensible | Aspect horizontal très visible |
| Côtes 1/1 ou 2/2 | Poignet, col, bas ajusté | Souple et extensible | Peut se resserrer par rapport au jersey |
| Point de riz | Écharpe, bordure décorative, panneau à plat | Stable et texturé | Demande une attention constante |
| Bande rapportée | Ouvrage déjà terminé | Stabilise un bord existant | Le roulis très marqué reste parfois visible |
Prévoir la largeur avant de monter les mailles
Pour un bas de pull adulte, une bordure en côtes de quelques centimètres donne une base cohérente. Pour une écharpe en jersey, les bordures latérales doivent être plus généreuses, car elles encadrent une grande longueur de tissu. Le point mousse sur tout le pourtour est souvent plus fiable qu’une bande étroite placée uniquement aux extrémités.
Les bordures de côtés se travaillent en même temps que le panneau central. Gardez, par exemple, le point choisi sur les premières et dernières mailles de chaque rang, tandis que le milieu reste en jersey. Les mailles de bord doivent être comptées dans l’échantillon, car elles changent légèrement la largeur finale de l’ouvrage.
Un rabattage trop serré peut déformer une bordure pourtant correcte. Le haut du tricot tire alors vers l’intérieur, tandis que le jersey cherche à rouler. Utilisez une aiguille un peu plus grosse uniquement pour rabattre, ou choisissez un rabattage extensible. Les étapes du rabattage des mailles en côtes permettent de conserver l’élasticité nécessaire sur un col ou un bas de manche.
Les finitions jersey réussies commencent donc avant la première rangée de jersey. Le bord doit être construit comme une partie du modèle, non ajouté comme un correctif décoratif.
Comment adapter un modèle en jersey avant de commencer ?
Un patron bien conçu indique généralement le point de bordure prévu, sa hauteur et le nombre de mailles à conserver sur les côtés. Si le modèle commence directement par du jersey et que le bord doit être visible et plat, la modification doit être pensée avant le montage. Ajouter une bordure change la hauteur et parfois la largeur de la pièce.
Le premier geste consiste à tricoter un échantillon complet. Il ne suffit pas de compter les mailles du centre. Réalisez le même encadrement que sur l’ouvrage final, avec la bordure choisie en bas et sur les côtés. Mesurez le jersey au centre, sans inclure les mailles de bord, puis observez le comportement après quelques heures à plat.
Pour une pièce tricotée en rond, le problème concerne surtout les bords de début et de fin. Le tube lui-même ne possède pas de lisière latérale susceptible de se replier. Un pull tricoté du bas vers le haut demande donc une bordure au départ, des poignets structurés et une encolure qui garde sa forme.
Modifier un bas de pull sans fausser les proportions
Si vous remplacez un départ en jersey par des côtes, ajoutez la hauteur de cette bordure au calcul total. Un modèle prévu pour cinquante centimètres de longueur finie doit toujours atteindre cinquante centimètres, bordure comprise. Si vous tricotez cinq centimètres de côtes puis cinquante centimètres de jersey, vous obtenez un vêtement trop long.
Les côtes se resserrent souvent davantage que le jersey. Pour éviter qu’un bas de pull ne tire, certains modèles utilisent une aiguille légèrement plus petite pour les côtes, puis reviennent à l’aiguille principale pour le corps. Cette méthode ne se décide pas au hasard. L’échantillon doit confirmer que la largeur du bas reste adaptée au tour de hanches prévu.
Une bordure au point mousse conserve plus facilement la largeur du jersey, mais elle donne un bord horizontal moins souple. Prenez-la pour un gilet droit, une veste ouverte ou un châle. Prenez les côtes pour un vêtement qui doit se placer contre le corps, comme un poignet ou une base de pull.
Éviter les solutions qui déplacent le problème
Commencer l’ouvrage avec un fil doublé puis revenir à un fil simple peut alourdir le bord, mais cette méthode modifie l’épaisseur, le tombé et la consommation de fil. Elle peut convenir à un échantillon d’essai, pas à une réponse automatique. Sur une laine moelleuse, le contraste entre les deux parties peut devenir visible.
Une lisière à mailles glissées rend le bord plus net, surtout si l’on doit relever des mailles ensuite. Elle ne remplace pas une bordure structurante. Les mailles glissées sont utiles pour la propreté d’un bord de gilet, mais le panneau central reste soumis à la tension propre au jersey.
Une couture de maintien peut être ajoutée sur un bord intérieur, mais elle convient mieux à une finition localisée qu’à une grande écharpe. Le jersey n’est pas un problème couture au sens d’une couture ratée : il faut d’abord traiter la construction du tricot, puis choisir la finition adaptée.
Préparer l’échantillon avec sa vraie bordure évite de découvrir le roulis après plusieurs soirées de travail. C’est le contrôle le plus utile avant d’engager toute la pelote.
Le blocage peut-il corriger l’effet roulé du jersey ?
Le blocage améliore nettement la présentation d’un tricot, surtout après les coutures et le rentrage des fils. Il détend les irrégularités, égalise les mailles et permet de donner une forme précise à certaines pièces. Il ne supprime pas la tendance naturelle du jersey à s’enrouler lorsqu’aucune bordure ne le stabilise.
Sur une laine lavable, le blocage humide consiste à mouiller doucement l’ouvrage selon les indications de son étiquette, à le presser dans une serviette sans le tordre, puis à le laisser sécher à plat dans ses dimensions. Les symboles de lavage et de séchage doivent être suivis tels qu’ils apparaissent sur l’étiquette ; leur signification est normalisée par GINETEX.
Le blocage à la vapeur demande davantage de prudence. La semelle du fer ne doit pas écraser les mailles. Tenez l’appareil au-dessus du tricot, utilisez une pattemouille si le fil le permet, puis laissez refroidir le tissu sans le déplacer. Une vapeur trop proche peut aplatir le relief des côtes ou modifier l’aspect de certaines fibres.
Ce que le blocage améliore réellement
Une pièce bordée de point mousse ou de point de riz gagne souvent en régularité après blocage. Les bords s’installent mieux, les mailles deviennent plus homogènes et les coutures de côtés se placent avec davantage de netteté. Le blocage complète une bonne construction ; il ne la remplace pas.
Un rectangle tricoté uniquement en jersey peut paraître plat pendant le séchage, surtout lorsqu’il est épinglé. Une fois les épingles retirées et l’ouvrage porté ou manipulé, les bords reprennent souvent une partie de leur mouvement. Plus le fil est souple, plus ce retour est probable.
Sur une pièce en coton ou en viscose, le poids de l’humidité peut modifier le tombé. Sur une laine très gonflante, un séchage à plat respecte mieux les proportions que le séchage suspendu. Le choix dépend toujours de la composition affichée par le fabricant, conformément aux règles d’étiquetage des fibres prévues par le règlement européen sur les dénominations textiles, adopté en 2011.
Le cas du tissu extensible cousu
Le mot jersey désigne aussi un tissu extensible acheté au mètre, souvent en coton avec élasthanne, viscose, laine ou fibres synthétiques. Ce tissu peut rouler au bord de coupe, particulièrement lorsqu’il reste brut. La cause est proche du tricot main : la maille possède une élasticité et une tension qui la font se recourber.
Pour la couture, la stabilisation tissu commence avant le passage sous le pied de biche. Posez le coupon à plat, évitez de tirer sur les bords et utilisez des pinces ou des épingles fines. Une aiguille spéciale jersey limite les accrocs dans la maille. Un point extensible, un petit zigzag ou une surjeteuse permet ensuite à la couture de suivre les mouvements du tissu.
Une bande d’entoilage adaptée au jersey, un biais extensible ou une doublure peuvent retenir un bord de coupe selon le vêtement. Ces techniques couture sont pertinentes pour une encolure, une ouverture ou un ourlet. Elles ne doivent pas rigidifier un tissu destiné à s’étirer.
Le blocage améliore l’apparence du jersey tricoté, tandis que la couture d’un tissu extensible demande surtout une finition qui accompagne son élasticité.
Comment réparer un ouvrage terminé avec une bordure qui roule ?
Lorsqu’un pull ou une écharpe est déjà terminé, le résultat dépend de l’ampleur du roulis et de la construction existante. Un bord légèrement incurvé peut être amélioré par un blocage soigné. Un rouleau ferme sur plusieurs centimètres demande plutôt l’ajout d’une structure nouvelle.
La méthode la plus propre consiste à relever les mailles le long du bord concerné. Sur un bas de pull, relevez une maille dans chaque maille disponible, puis tricotez plusieurs rangs de côtes, de point mousse ou de point de riz. Le nombre de mailles relevées doit rester régulier. Trop de mailles créent une ondulation ; trop peu de mailles resserrent le bord.
Travaillez avec une aiguille circulaire si le bord est long. Elle porte le poids du vêtement plus confortablement qu’une paire d’aiguilles droites et facilite les essayages. Le choix entre ces deux outils dépend de la forme de l’ouvrage et du geste recherché ; les différences sont expliquées dans cette page sur les aiguilles droites et circulaires.
Ajouter une bande tricotée ou une finition cousue
Une bande tricotée séparément peut être cousue sur le bord d’une couverture, d’un panneau ou d’une veste. Elle doit être légèrement moins longue que le bord à couvrir, sans être tendue. Répartissez la longueur avec des repères, puis cousez au point invisible sur l’envers. Cette finition apporte du poids et une structure.
Sur un vêtement en tissu jersey, un ourlet double aiguille, une bande de propreté ou une parementure extensible permet d’éviter bordure roulée. Le choix dépend de la zone. Une encolure demande une finition souple ; un bas de tee-shirt peut recevoir un ourlet stabilisé, à condition de ne pas étirer la pièce pendant la couture.
Une doublure est utile lorsque le bord doit être nettement maintenu, mais elle modifie le tombé et l’épaisseur. Pour une veste en maille ou un panneau décoratif, elle peut convenir. Pour une écharpe légère ou un pull fin, elle produit souvent un résultat trop lourd.
Vérifier le résultat avant de couper ou de coudre définitivement
Épinglez la nouvelle bordure, posez l’ouvrage à plat et observez la ligne générale. Le bord doit rester droit sans tirer sur le jersey central. Faites aussi un essai de pliage et d’étirement modéré. Une bordure qui semble plate sur table peut se contracter dès qu’elle est portée.
Les fils très poilus compliquent les reprises, car les mailles se distinguent moins bien. Un mohair ou un angora demande de relever les mailles avec lenteur et de vérifier régulièrement la tension. Les précautions d’entretien et de manipulation de ces matières sont abordées dans ce dossier sur le tricot en mohair et angora.
Une réparation discrète vaut mieux qu’une bordure ajoutée trop étroite et trop serrée. Si le tricot doit rester plat, la nouvelle finition doit avoir assez de largeur pour contrebalancer le jersey.
Pourquoi le jersey roule-t-il davantage sur les côtés ?
Les lisières latérales se replient vers l’envers parce que la structure des mailles endroit tire le tissu dans ce sens. Le bas et le haut se roulent plus souvent vers l’endroit.
Une bordure en côtes empêche-t-elle toujours le jersey de rouler ?
Les côtes stabilisent fortement un bord, surtout au bas d’un pull ou aux poignets. Elles doivent toutefois être assez larges et tricotées avec une tension compatible avec le jersey central.
Le blocage suffit-il pour aplatir une écharpe tout en jersey ?
Le blocage peut améliorer l’aspect de l’écharpe après lavage et séchage à plat, mais les bords reprennent souvent leur mouvement si aucune bordure structurante n’est prévue.
Peut-on ajouter une bordure après avoir terminé un pull ?
Oui. Relevez les mailles du bas, des poignets ou de l’encolure, puis tricotez une bande en côtes, point mousse ou point de riz. Vérifiez régulièrement que la bordure ne resserre pas le vêtement.
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