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Dossier

Réparer plutôt
que remplacer.

Un ourlet droit, un bouton et une couture ouverte se refont à la maison avec une aiguille et du fil assorti. Une fermeture éclair, une reprise de taille et une doublure demandent un atelier. La ligne de partage tient à deux choses : le nombre de pièces à démonter, et la matière du vêtement.

L’essentiel

  • Un bouton tient par sa tige, pas par le nombre de tours de fil.
  • Un ourlet à la main au point invisible résiste mieux au lavage qu’une couture machine mal tendue.
  • Un accroc se reprend, un trou se stoppe, un feutrage ne se répare pas : trois pannes distinctes.
  • Le Bonus Réparation textile réduit la facture chez un réparateur labellisé.
  • La seule panne de lingerie qui ne se répare pas est l’élasthanne détendu.

Périmètre Ce guide couvre les réparations courantes sur vêtements de ville, tricots et lingerie. Il ne traite ni la retouche de patron, ni le vêtement technique ou imperméable, ni le cuir, qui relèvent d’autres métiers ; pour le prix d’une prestation confiée, voir le baromètre des tarifs.

Ouvrage de réparation en cours sur une table d’atelier
Ce qui se répare à la maison, et ce qui vaut d’être confié.
01

Chez soi

Les trois réparations qui ne demandent aucun matériel

Un bouton se recoud en laissant une tige, c’est-à-dire un petit espace de fil entre le bouton et le tissu, de la hauteur de l’épaisseur à boutonner. Posez une allumette ou une aiguille sous le bouton pendant que vous cousez, retirez-la, puis enroulez le fil restant autour de la base pour former la tige avant de faire le nœud d’arrêt sous le tissu. Un bouton cousu à plat arrache la maille du tissu au bout de quelques ouvertures.

Une couture ouverte se referme au point arrière, aiguille fine et fil assorti, en reprenant deux centimètres de couture saine de chaque côté de la déchirure. C’est ce recouvrement qui empêche la reprise de céder à côté du point précédent.

Un ourlet de pantalon droit se refait au point invisible, en ne prenant qu’un fil du tissu extérieur à chaque piqûre. Le travail est plus long qu’à la machine, il tient mieux au lavage, et il ne laisse aucune trace de piqûre sur l’endroit. Marquez la longueur sur vous, debout et chaussée, jamais à plat sur une table.

Ourlet repris à la main au point invisible
Le point invisible ne prend qu’un fil du tissu extérieur à chaque piqûre.

Le lainage

Un accroc n’est pas un trou, et ne se traite pas pareil.

Un accroc laisse la matière en place : les mailles sont tirées, pas coupées. On récupère la boucle sur l’envers avec un crochet fin et on répartit la tension sur les mailles voisines, sans jamais couper le fil tiré. Fait tôt, le geste ne laisse aucune trace.

Un trou, lui, a mangé de la matière. Sur un tricot, on le reprend en reconstituant les mailles manquantes avec un fil de même grosseur et de même composition, prélevé si possible sur une couture intérieure ou sur la pelote restante. Sur un tissu tissé, on stoppe, c’est-à-dire qu’on retisse fil à fil, geste lent qui se justifie sur une pièce qui en vaut la peine.

Le feutrage est un troisième cas, souvent confondu avec les deux autres. Il vient d’un lavage trop chaud ou d’un essorage trop fort, et il est irréversible : les écailles de la fibre se sont accrochées entre elles. Aucune réparation ne rend sa taille à un pull feutré. C’est la raison pour laquelle les symboles d’entretien, normalisés par l’ISO 3758 et portés en France par le COFREET, méritent d’être lus avant le premier lavage plutôt qu’après. Sources : GINETEX — norme ISO 3758:2023, étiquetage d’entretien par symboles · COFREET — comité français de l’étiquetage d’entretien des textiles — consultées le 1 septembre 2026.

02

À l’atelier

Ce qu’il vaut mieux confier, et pourquoi

Une pose de fermeture éclair demande de découdre la doublure, de retirer l’ancienne glissière sans abîmer la pièce, de poser la nouvelle bien droite et de tout refermer. Sur un blouson, il faut en plus respecter les épaisseurs et la longueur exacte de la glissière. Le prix paie un tour de main et un pied de machine spécifique, pas une difficulté théorique.

Une reprise de taille se joue sur l’équilibre du vêtement. Reprendre uniquement la couture arrière déplace les passants et fait tourner les côtés ; un atelier reprend en général la ceinture et redistribue l’aisance. Le résultat se voit immédiatement à la façon dont le pantalon tombe.

Un remplacement de doublure est le travail le plus long des trois, parce qu’il oblige à démonter la pièce et à reproduire une forme à partir de l’ancienne doublure. Sur une veste que vous portez encore dix ans, il reste très en dessous du prix d’un vêtement équivalent.

Une aide publique existe sur ces prestations, et elle est chiffrée. Le Bonus Réparation textile, porté par l’éco-organisme Refashion, s’applique directement au moment du paiement chez un réparateur labellisé. Sur les postes traités dans cette page, le barème publié annonce 6 € de réduction sur une couture défaite non doublée, 8 € si le vêtement est doublé, 7 € sur un trou, un accroc ou une déchirure, 8 € sur le changement d’une petite fermeture éclair et 15 € sur une grande, 10 € sur une doublure simple et 25 € sur une doublure complexe. Ces montants sont ceux publiés par l’éco-organisme à la date de consultation indiquée ci-dessous ; ils sont révisés périodiquement, et seul un réparateur labellisé peut les appliquer. Refashion tient l’annuaire de ces réparateurs. Sources : Refashion — Bonus Réparation, barème des réductions · ADEME — Épargnons nos ressources, le Bonus Réparation — consultées le 1 septembre 2026.

Bouton recousu avec sa tige de fil apparente
La tige de fil fait tenir le bouton ; le nombre de tours n’y change rien.
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La lingerie

Le cas particulier du vêtement de peau

Une bretelle décousue, une armature qui perce sa gaine, une dentelle qui lâche à la couture : ces trois pannes représentent l’essentiel des soutiens-gorge mis au rebut, et toutes les trois se réparent. La gaine d’armature se referme au point arrière serré avec un fil polyester fin, plus résistant que le coton sur une zone qui frotte en permanence.

La dentelle se reprend à l’aiguille fine, en suivant le dessin du motif plutôt qu’en tirant droit, faute de quoi la reprise gondole. Une bretelle se remplace entièrement pour un coût dérisoire, la mercerie vendant des bretelles au mètre avec leurs anneaux.

Ce qui ne se répare pas, en revanche, est l’élasthanne détendu. Une bande sous poitrine qui ne maintient plus a perdu son élasticité dans toute sa longueur, et la remplacer revient à refaire le vêtement. C’est la seule panne de lingerie qui justifie le remplacement plutôt que la réparation.

Faire faire, mais à quel prix

Les tarifs pratiqués dans la vallée sont relevés en boutique, avec leur date et leur commune. Aucune moyenne nationale n’y figure.

Voir les prix relevés
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À lire ensuite

Les articles de ce dossier

  • Ourlet à la main : la méthode qui tient vraiment au lavage. Le point invisible pas à pas, et le contrôle du résultat.
  • Recoudre un bouton solidement : la tige et le nœud d’arrêt. Pourquoi un bouton cousu à plat arrache le tissu.
  • Réparer un pull en laine : reprise, stoppage et feutrage. Trois pannes distinctes, trois gestes différents.
  • Poser une fermeture éclair : la méthode sans pied spécial. Ce qu’on peut faire sans matériel dédié, et où s’arrêter.

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