Choisissez votre fil sur quatre chiffres inscrits sur l’étiquette : la composition, le grammage, le métrage et la jauge conseillée. Le rapport entre métrage et grammage dit la grosseur réelle du fil, la jauge dit s’il correspond à votre patron. Le nom commercial et la douceur perçue en rayon ne décident de rien.
L’essentiel
Un fil se compare par son métrage aux cent grammes, jamais par le poids de la pelote.
La mention « laine vierge » a une définition réglementaire ; « laine douce » n’en a aucune.
La jauge imprimée sur la bande est un point de départ, votre échantillon tranche.
Un vêtement d’enfant demande un fil lavable en machine, ce que le symbole d’entretien dit sans ambiguïté.
Une part de polyamide multiplie la durée de vie d’une chaussette sans changer le confort.
Périmètre Ce guide couvre les fils à tricoter courants, du fin au très épais, pour des vêtements et des accessoires. Il ne traite ni la teinture, ni le filage, ni les fils à broder ou à crocheter en dentelle, dont la numérotation obéit à d’autres règles — pour les tailles d’outils, voir le convertisseur de tailles.
Les quatre chiffres qui décident se lisent sur la bande, pas sur le nom commercial.
01
Les quatre chiffres
Que faut-il lire sur la bande d’une pelote
Une bande de pelote porte toujours les mêmes informations, dans un ordre qui varie d’un fabricant à l’autre. La composition arrive en premier, exprimée en pourcentages. Vient ensuite le poids net, cinquante ou cent grammes le plus souvent. Puis la longueur, en mètres. Enfin la jauge conseillée, écrite sous la forme d’un nombre de mailles et de rangs pour un carré de dix centimètres, avec la taille d’aiguille correspondante.
Le couple poids et longueur est le seul moyen de comparer deux fils. Divisez la longueur par le poids et vous obtenez un nombre de mètres par gramme qui décrit la grosseur réelle. Une pelote de cinquante grammes pour cent vingt-cinq mètres donne deux mètres cinquante par gramme ; une autre de cinquante grammes pour quatre-vingts mètres en donne un virgule six, et c’est un fil nettement plus gros. Deux pelotes de même poids peuvent ainsi raconter deux histoires opposées.
Les appellations, elles, ne sont pas libres. Le règlement (UE) n° 1007/2011 du 27 septembre 2011 réserve à l’annexe I la liste des dénominations utilisables pour décrire une composition, et son article 9 impose d’afficher le pourcentage en poids de chaque fibre, par ordre décroissant. La mention « laine vierge » obéit à un critère précis, posé par l’article 8 : le produit doit être exclusivement composé d’une fibre n’ayant pas été incorporée antérieurement à un produit fini, sans traitement qui ait endommagé la fibre, avec au plus 0,3 % en poids de fibres étrangères. Dans un mélange, la laine doit représenter au moins 25 % du poids pour que la dénomination soit employée. « Douce », « premium » ou « nature » n’ont, elles, aucune définition réglementaire et ne vous apprennent rien. Sources : Règlement (UE) n° 1007/2011 du 27 septembre 2011, JO L 272/1 — articles 5, 8 et 9 · Règlement (UE) n° 1007/2011 — fiche EUR-Lex — consultées le 1 septembre 2026.
La bande porte la composition, le poids, la longueur et la jauge conseillée.
Par matière
Ce que chaque fibre fait vraiment sur un vêtement porté.
La laine de mouton isole, reprend sa forme et supporte le porter répété. Sa finesse se mesure en microns, c’est-à-dire en millionièmes de mètre, et c’est ce diamètre qui décide du toucher. The Woolmark Company classe les laines en trois familles selon ce critère : fine, moyenne et grossière, cette dernière servant surtout aux tapis et à l’ameublement. La laine mérinos se situe généralement sous 22 microns, ce qui la place dans la famille fine. « Mérinos » désigne donc une finesse, pas une qualité en soi. Sources : The Woolmark Company — finesse en microns et classement des laines · Règlement (UE) n° 1007/2011 — dénominations réservées de la laine, annexes I et III — consultées le 1 septembre 2026.
L’alpaga gonfle et draine la chaleur vers l’extérieur, ce qui le rend très chaud mais lourd sur un grand vêtement, avec une tendance à s’allonger au porter. Le mohair et la soie apportent du halo et de la tenue en fil fin. Le coton absorbe, ne rebondit pas et convient mal à une côte qui doit reprendre sa forme. Le polyamide, ajouté à faible pourcentage, renforce les zones d’usure : c’est pourquoi on le trouve dans presque tous les fils à chaussettes.
Aucune fibre n’est meilleure dans l’absolu. Un gilet d’été et une paire de chaussettes n’ont pas le même cahier des charges, et le bon réflexe consiste à partir de l’usage plutôt que du rayon.
02
Par projet
Quel fil pour quel ouvrage
Pour un pull du quotidien, cherchez une laine à moyenne grosseur, entre cent et cent quarante mètres pour cinquante grammes, en mérinos ou en mélange laine et polyamide. Vous voulez un fil qui tienne la maille sans peser, et qui supporte un lavage doux régulier.
Pour un châle, prenez plus fin et plus fluide, en visant de grandes aiguilles par rapport au diamètre du fil. Le mohair, la soie et l’alpaga fin ouvrent la matière et donnent le drapé recherché. La même laine tricotée serré donnerait une plaque rigide.
Pour un vêtement d’enfant ou une layette, le critère décisif est l’entretien. Un fil traité pour le lavage en machine évite au vêtement de finir feutré au premier accident, et le symbole d’entretien de l’étiquette le dit sans ambiguïté. Ces pictogrammes ne sont pas laissés au choix du fabricant : ils suivent le code d’étiquetage par symboles de la norme ISO 3758, dont la quatrième édition date de 2023, portée en France par le COFREET et au niveau européen par GINETEX. Un bac barré signifie qu’aucun lavage machine n’est prévu, quelle que soit la souplesse du programme. Sources : GINETEX — norme ISO 3758:2023, étiquetage d’entretien par symboles · COFREET — comité français de l’étiquetage d’entretien des textiles — consultées le 1 septembre 2026.
Pour des chaussettes, ne cédez pas au fil cent pour cent laine, aussi agréable soit-il en pelote. Le talon et la pointe s’usent en une saison. Un mélange contenant une part de polyamide multiplie la durée de vie sans changer le confort.
Deux matières, deux comportements au porter, à métrage équivalent.
03
Substituer
Remplacer le fil du patron sans se tromper
Un patron nomme presque toujours un fil précis, souvent introuvable en rayon ou hors budget. La substitution est légitime, à condition de remplacer sur les bons critères. Comparez d’abord le métrage aux cent grammes du fil d’origine et du fil candidat. Un écart de dix pour cent passe ; un écart de trente pour cent change de catégorie de fil.
Vérifiez ensuite la jauge annoncée. Deux fils de métrage équivalent peuvent se tricoter à des tensions différentes selon leur torsion et leur matière. C’est la raison pour laquelle l’échantillon reste obligatoire même après une substitution soignée sur le papier.
Pensez enfin au comportement à long terme, qui ne se lit sur aucune bande. Un fil qui gonfle donne un vêtement plus chaud et plus lourd que prévu. Un fil sans élasticité, comme un coton pur, laisse les côtes se détendre. Ces deux effets n’apparaissent qu’après quelques semaines de porter, et ils expliquent l’essentiel des déceptions sur un pull par ailleurs bien tricoté.
Passer du fil choisi à la quantité à acheter
Une fois le fil retenu et l’échantillon tricoté, le nombre de pelotes se calcule à partir de vos mesures, pas d’une moyenne.
Armande RepellinRetoucheuse et ancienne responsable du rayon laines et mercerie
Douze ans passés à tenir le rayon laines et mercerie d’une boutique de la vallée, à répondre à cette question devant le rayon, patron en main.
Armande Repellin, 59 ans, vit à Meylan, à dix minutes de l'avenue du Grésivaudan. Vingt-deux ans en atelier de retouche, d'abord chez un tailleur de Grenoble puis à son compte dans le bas Grésivaudan, puis douze ans à tenir le rayon laines et mercerie d'une boutique de la vallée.